Frédéric Chiasson

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La création d'une œuvre purement acadienne au festival baroque

Martin Roy, L'Acadie Nouvelle

29 juillet 2010

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LAMÈQUE – Le Festival international de musique baroque de Lamèque s'ouvre ce soir à l'église Saint-Raphaël avec la création d'une œuvre purement acadienne. Les Ventres courageux, composée par Frédéric Chiasson sur un poème d'Emma Haché, tous deux originaires de Lamèque.

Les Ventres courageux est une œuvre pour chœur et orchestre. Ce soir, la composition sera jouée et chantée par le Chœur de la Mission Saint-Charles, sous la direction de Pierre Lavoie, et l'Orchestre de la Mission Saint-Charles, sous la direction de Mathieu Lussier.

Lorsqu'on lui a demandé d'écrire une œuvre pour le festival de musique baroque, Frédéric Chiasson y a vu un défi intéressant.

« Il a fallu que je révise mes principes d'orchestration. Travailler avec un orchestre baroque, c'est quelque chose de tout à fait différent de ce que je fais habituellement. » souligne Frédéric Chiasson au cours d'une entrevue avec l'Acadie NOUVELLE.

Le jeune compositeur de 32 ans1 souligne que les membres de l'orchestre se sont montrés ouverts dès le départ lorsque sa composition a atterri entre leurs mains.

« Même si ce sont tous des musiciens de musique ancienne, ils font beaucoup de recherche. D'une manière générale, la musique baroque permet beaucoup de latitude à cet effet. En ce qui me concerne, je les ai trouvés extrêmement disponibles », atteste-t-il.

Les Ventres courageux sera assise en grande partie sur une effluve de musique ancienne. Frédéric Chiasson mentionne qu'il ne voulait pas que le public soit dépaysé en leur proposant une œuvre trop contemporaine2, même si certaines harmonies et certains procédés dans la pièce le sont davantage. Le compositeur s'est donc inspiré de certaines musiques qu'il a entendues dans sa jeunesse, à l'époque où il fréquentait le festival baroque.

« Je me suis inspiré de ce qu'on m'a enseigné et de ce que j'ai entendu quand j'étais jeune. Je me souviens de Bach, de Purcell et de plusieurs autres compositeurs. Il y aura un peu de tout ça dans mon œuvre. », indique Frédéric Chiasson.

On l'a dit, écrire une pièce pour un festival classique réputé comme celui de Lamèque commande son lot de défis. Mais Frédéric Chiasson dit avoir eu beaucoup de plaisir à se sortir de sa zone de confort, lui qui verse dans des harmoniques (sic) plus contemporaines, parfois minimalistes3.

« Il y a des compositeurs qui ne veulent faire que de la musique nouvelle, ou rester cantonné dans un style particulier. Ce n'est pas mon cas. Je trouve que c'est bon de se ressourcer de temps en temps, de retourner à ses premières amours sur le plan musical, tout en s'ouvrant à la diversité4 », exprime Frédéric Chiasson.

Le concert d'ouverture du 35e Festival international de musique baroque de Lamèque aura lieu à 20 h, à l'église Saint-Raphaël de Sainte-Marie-Saint-Raphaël. Outre l'œuvre de Frédéric Chiasson, des œuvres de Locke et de Vivaldi sont prévues au programme.

Mes notes

1 En vérité, j'avais encore 31 ans lors de l'entrevue, quoique ma fête est déjà le 19 août suivant. (Pour les Européens, les fêtes des Saints ne sont pas fêtées en Acadie ou au Québec. C'est pourquoi ici « fête » signifie « anniversaire ».)

2 C'était moins par peur de dépayser le public que par volonté de fondre cette pièce dans le reste du programne que j'ai revisité les pratiques d'écriture baroque. Puisque le concert se voulait un hommage anniversaire aux 35 ans du Festival, la commande était de faire une pièce dans le style des grandes pièces chorales anniversaires baroques. Voilà pourquoi je n'ai pas tenu à écrire du microtonal ligetien dans cette ode, par exemple, quoique l'introduction « hivernale » faite de col legno battuto a tout de même réussi à dérouter quelques personnes du public !

3 Quand Martin Roy a qualifié ma musique de minimaliste, je lui ai demandé pourquoi. Il m'a dit qu'il faisait référence au quatuor de saxophones Lasher.

4 Je tiens à préciser que ces « premières amours » ne me sont pas si familières. Par exemple, j'ai inclus un fugato au chœur, alors que je n'ai jamais pris de cours de fugue ! En fait, cette pièce m'a demandé autant de travail harmonique que mes pièces plus « contemporaines ». Quand je parlais de ne pas rester cantonné dans un style, il s'agissait moins de revenir à quelque chose de connu que de renouveler son oreille, ce qui est toujours ardu à faire.

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