Frédéric Chiasson

compositeur

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Composer L'Œil

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26 mai 2017

Affiche du concert «Tableaux d'une exposition» de l'Orchestre à vents non identifié (OVNI)
Affiche du concert «Tableaux d'une exposition» de l'Orchestre à vents non identifié (OVNI)

Ma première composition originale pour orchestre d'harmonie, L'Œil, sera jouée pour la première fois par l'Orchestre à vents non identifié (OVNI), dirigé par Jonathan Dagenais, ce samedi 27 mai 2017, 19h30, à la salle Marguerite Bourgeois du Collège Regina Assumpta, à Montréal (détails et billets en vente ici). C'est ma contribution pour avoir remporté le concours de résidence de compositeur de l'OVNI pour la saison 2016-2017.

Cela fait longtemps que je voulais composer pour l'orchestre à vents, un ensemble dans lequel j'ai joué longtemps durant mes années scolaires. Je n'avais jamais pris le temps d'écrire une pièce pour cet ensemble, trop pris par mes engagements. Puis j'ai vu que l'OVNI cherchait rapidement un compositeur en résidence pour terminer la saison 2016-2017. C'était ma chance.


On regarde souvent de haut l'écriture pour l'orchestre à vents. Pourtant, réussir une pièce d'orchestre à vents est selon moi une meilleure preuve de notre métier d'orchestrateur que réussir une pièce d'orchestre symphonique. Les cordes camouflent beaucoup de défauts et de manque d'imagination, elles sont généreuses envers les mauvaises dispositions et les agencements malheureux.

Dans l'orchestre à vents, la bouée de sauvetage des cordes n'existe plus. Les attaques sèches des vents et percussions demandent bien plus de travail pour sortir du confort de la fanfare victorieuse, si bien adaptée pour eux, ou encore des juxtapositions très nettes entre familles à la limite de l'agressif. Recréer le moelleux et la plénitude des cordes demandent beaucoup de choix réfléchis d'instruments et de registres, voire de motifs musicaux. Orchestrer pour vents, ça ne pardonne pas.

Je me suis beaucoup fait la main à l'orchestre à vents grâce aux nombreuses commandes d'arrangements de l'Orchestre de jeux vidéo. Je ressentais de plus en plus le besoin de faire ma propre musique pour la formation. C'était donc le moment ou jamais.


On demandait au compositeur de s'insérer dans le thème de l'art visuel pour le concert des Tableaux d'une exposition. Pour moi, ça allait de soi qu'il fallait prendre une œuvre faite par un artiste d'ici. Mais laquelle ? Ayant fréquenté les milieux d'art dit « contemporain » pendant plusieurs années, j'étais fatigué des œuvres dont la notice explicative parlait plus que l'œuvre elle-même. Je ne voulais pas d'une pièce qui, après avoir lu la justification « engagée » de l'auteur-plus-qu'artiste-subventionné-par-tous-les-Conseils-des-arts, sonnait pour moi comme un pétard mouillé ou une arnaque digne d'une émission de protection du consommateur. Il y en a trop de ces œuvres-là.

Donc quelle œuvre ? Je me posais la question quand je me suis remémoré une statue dorée près de la salle Bourgie, au Musée des Beaux-arts. Je me rappelais très nettement cet ange, la tête entre ses trop nombreuses mains, les ailes oscillant entre le déploiement et le repli. Je suis revenu sur place. J'ai alors vu le tiraillement constant entre une volonté de s'envoler et l'immobilité du socle, entre l'organique de la chair et les morceaux de mécanique incrustés dans les jambes, entre la stature angélique et toutes ces mains légèrement démoniaques qui sortent de partout... sans parler du titre, L'Œil, cet organe modelé nulle part sur la créature par David Altmedj, à moins que ce soit ce trou béant dans le thorax de l'ange, d'où sortent encore toutes ces mains... J'avais mon œuvre&nbps;!

Maintenant, quoi composer pour L'Œil, quoi composer pour l'OVNI avec L'Œil ? Après plusieurs journées à réfléchir, je me suis dit que ma pièce allait donner une histoire que la statue voudrait pour elle-même. Je lui donnerais la vie dont elle avait toujours rêvé.

La statue n'a-t-elle pas envie de partir de son socle, de quitter un peu la rue Sherbrooke perdue dans les brumes du smog hivernal, bondée de gens qui marchent sans regarder devant eux et sans s'occuper d'elle ? N'a-t-elle pas envie de s'envoler au-delà de la couche nuageuse, de manière spectaculaire comme un superhéros ? En chantonnant à l'insu de tous, dans ses harmonies à elle, elle a sûrement le souhait secret de survoler la ville.

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Premières de Belle-Île-en-mer à Moncton et Caraquet

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13 novembre 2016

Tintamarre de Belle-Île-en-mer, France. Photo : Phil Comeau
Tintamarre de Belle-Île-en-mer, France. Photo : Phil Comeau

La première de Belle-Île-en-mer, île acadienne et bretonne, documentaire de Phil Comeau dont j'ai composé la musique, fut un grand succès à Moncton, ce 11 novembre. À un point tel que la direction du Festival international du film francophone en Acadie a programmé une séance supplémentaire ce mardi 15 novembre 2016, à 21h, au Cineplex de Dieppe. Les billets se vendent à la porte.

Le film sera aussi présenté au Cinéma du Centre de Caraquet ce mercredi 16 novembre 2016 à 18h30. J'y serai avec Phil Comeau, bien sûr, mais aussi avec Zachary Richard, pour le film Toujours batailleur sur le célèbre chanteur, présenté en programme double avec Belle-Île....

Critique du film

Le cinéaste d’expérience s’est rendu sur cette île magnifique de l’océan Atlantique afin d’explorer les liens puissants entre les insulaires et leurs racines acadiennes. Il pose un regard personnel. Le cinéaste a capté de superbes images de cette île qui regorge de noms acadiens: Granger, Landry, LeBlanc, etc. Après avoir vu le film, on a juste une envie, c’est d’aller visiter l’endroit et de rencontrer ces gens qui apparaissent si chaleureux. Les insulaires sont fiers de leurs racines et c’est ce qu’ils expriment dans le film qui suit également de l’arrivée d’un groupe d’Acadiens des Provinces maritimes venu célébrer avec les Bellilois leur appartenance à l’Acadie." - Sylvie Mousseau, L'Acadie Nouvelle

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Lucie Renaud, l'une des dernières journalistes de la création musicale

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7 novembre 2016

Lucie Renaud
Lucie Renaud

J'ai appris que Lucie Renaud est décédée le 31 octobre, vers 12h20, d'une tumeur foudroyante au cerveau. Lucie Renaud ? L'une des écrivaines discrètes mais essentielles de la musique classique. Entre les potins de vedettes sur les t-shirts et ceux sur les ratages de vols, l'une des rares journalistes et auteurs à s'intéresser véritablement à la démarche de création. Elle tenait jusqu'à très récemment un blog sur la littérature, le théâtre et la musique, Clavier bien tempéré, en plus d'avoir collaboré à plusieurs périodiques artistiques dont Jeu et la Scena musicale.

Je l'ai connue par l'entremise d'un article sur Bungalopolis. Puisqu'en tant que compositeur, nous sommes invisibles donc inintéressants pour les journalistes, je me suis fait ma propre campagne de presse en l'appelant pour lui parler de ma prochaine composition pour l'Orchestre de la Francophonie, Urbania. Elle accepta alors avec plaisir de me rencontrer au Bistro Olivieri. Cela donna probablement le plus beau texte fait sur l'une de mes créations à ce jour.

Ils sont rares les journalistes qui réussissent à saisir une essence de soi qui nous échappe, à un point tel que lorsqu'on lit l'article quelques jours après l'entrevue, on se dit « Ah ouin ? Vraiment ? », puis quand on le relit quelques années plus tard, on se confesse que « Oui, c'est donc ben vrai ! ».

L'article était tellement bon que je l'ai relu tel quel sur le site du Messager de mon quartier ! Le journaliste culturel avait tout simplement plagié l'œuvre de Lucie dans les pages de l'hebdomadaire. Fâché de voir une telle appropriation, j'avais appelé la rédaction afin d'enlever l'article. Je n'avais même pas pensé que cela a pu brouiller mes relations avec l'équipe du Messager. Bon prince, le Messager m'a envoyé une autre journaliste afin de faire un autre article. Lucie elle-même en était étonnée, m'appelant au téléphone son « preux chevalier ».

Je n'ai eu que de légers contacts depuis Urbania, ce qui rend sa mort encore plus désolante ! Quels journalistes vont encore se déplacer pour parler à des créateurs qui n'ont pas la chance de se pavaner en robe de soirée ou en t-shirt de Gerry Boulet dans un gala, ou plus simplement de passer à la télé ? Avec les moyens des médias qui rapetissent et les musiciens qui s'accumulent, les journalistes pigent par dépit de plus en plus dans les évidents, en délaissant les essentiels. Beaucoup d'acteurs et de chanteurs, peu d'auteurs et de compositeurs (et je ne parle même pas des arrangeurs !), sauf les cutes et les vieux incontournables. Lucie, elle, était là pour les autres.

Tu vas nous manquer beaucoup.

Un texte touchant de Claudio Pinto, un intime de Lucie

Le texte de Lucie Renaud sur Urbania

Un autre texte de Lucie sur Bungalopolis

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