Frédéric Chiasson

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Intercosmos : première répétition de l'OUM

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16 septembre 2011

Je viens d'assister à la première répétition de l'Orchestre de l'Université de Montréal (OUM) pour Intercosmos lundi (12 septembre 2011). Je dois avouer que j'étais un peu inquiet. J'aurait pu avoir un désintérêt du chef et des musiciens. Un service minimal en répétition, en temps et effort. Aucun droit de parole durant la répétition, ou encore, un manque d'écoute de la part des musiciens et du chef à mes commentaires.

À mon plus grand plaisir, ce ne fut pas le cas, au contraire ! Dès la première répétition, j'ai trouvé le chef, Jean-François Rivest, ainsi que l'orchestre étudiant particulièrement réceptifs. Les musiciens connaissaient leur partition (ou avaient une bonne lecture !). Le chef aussi. Que le chef connaisse sa partition peut sembler un minimum, mais Rivest dépassait le niveau de la simple connaissance technique. Par ses commentaires pointus et exigeants sur ce qu'il voulait comme sonorité pour les différentes masses (qui n'ont rien à voir avec Beethoven et Tchaïkovski du même concert !), je sentais qu'il en avait déjà une idée musicale précise. Je sentais qu'il voyait beaucoup de potentiel dans la pièce et qu'il cherchait a en obtenir le maximum. C'est prometteur !

Pour les nombreuses personnes qui ne savent pas comment peut se dérouler une répétition d'orchestre pour une création, ou même une simple répétition d'orchestre, le déroulement en est fascinant. J'y vais de ma description.

Quinze minutes avant la répétition, je parle avec Jean-François, le chef, à propos des corrections à apporter et des questions qu'il pourrait avoir.

La répétition débute avec mon oeuvre. Ma place désignée est pour la première répétition à la gauche du chef, entre lui et le violon solo (le chef des premiers violons et de l'orchestre en général). Avant de commencer, le chef me présente : applaudissement des musiciens par les pieds (ils ont des instruments dans les mains). Il me demande ensuite d'expliquer brièvement le propos de l'œuvre, ce que j'improvise. J'insiste surtout sur la notion d'espace sonore, sur laquelle toute l'œuvre est écrite.

Une première lecture s'en suit. Malgré les erreurs normales d'équilibre des sonorités, je suis étonné d'entendre que la pièce prend déjà forme, qu'elle sonne déjà bien. Cela peut signifier deux choses.

  1. La pièce est robuste et sonne bien malgré plusieurs écarts.
  2. Les étudiants lisent bien la pièce et la jouent déjà bien.

Dans tous les cas, je perçois que tout le monde fait bien son travail : moi pour avoir écrit une partition et des parties facilement lisibles, le chef pour bien connaitre la partition et la musique derrière, les musiciens pour bien lire ce qui est écrit et en faire quelque chose de musical.

Alors que l'on parle souvent de la musique classique en termes poético-mystiques un peu longuets (surtout à la télé, pour la vendre à ceux que l'on croit que ça ne les intéresserait pas autrement !), il peut être étonnant de voir que le chef donne les conseils les plus brefs possible. Le temps d'orchestre est précieux... et rare. Quand le chef demande au compositeur une précision, il a intérêt à le faire en moins de 5 secondes. Sinon, le chef lui fera remarquer subtilement. Pas de temps à perdre.

J'ai agréablement remarqué que Jean-François avait déjà une expérience de certains procédés non-usuel d'écriture, comme les répétitions libres à la Lutoslavski. Je retiens certainement son conseil aux musiciens de bien aérer les motifs avec les silences, que ces silences font mieux sonner l'amas final.

Extrait d'Intercosmos avec section à répétition libre à la Lutoslavski
Extrait d'Intercosmos avec section à répétition libre à la Lutoslavski

Après la répétition, je suis allé voir Jean-François pour proposer quelques changements à la partition : ajout de percussion à un endroit, possibilité de changement d'orchestration à tel accord... Une fois choisi, je suis allé voir le percussionniste concerné pour les changements (on a laissé l'accord tel quel finalement). Dois-je insister encore une fois pour cette flexibilité lors des créations ? Ce genre de fignolage est essentiel pour assurer une belle première. Le compositeur ne peut tout prévoir.

C'est sûr qu'évidemment, tout n'est pas encore mis au point. Il manquait aussi plusieurs musiciens : un basson pris dans le trafic, un saxophone ténor absent, toutes les contrebasses de la section sauf une... Mais j'imagine que ceux qui manquent sauront suivre la bonne tendance déjà installée.

En somme, je suis vraiment confiant que ma pièce sera bien créée par l'OUM. Déjà, l'orchestre y a mis 45 minutes lundi, bien plus que ce qu'un orchestre professionnel y mettrait. J'ai hâte d'entendre le résultat final.

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