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Jérôme Ducros au Collège de France : de l'importance de la danse de l'attente en musique

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10 avril 2013

Mise en garde 22 avril 2013 : Bien que je trouve d'excellents points dans la conférence de Jérôme Ducros, je ne suis pas d'accord avec l'entièreté de cette conférence. Je fais cette mise en garde suite au conseil d'un ami musicologue, qui m'a averti que cette conférence a soulevé une controverse qui, quatre mois après, n'est toujours pas éteinte.

Donc avant de vous faire une idée sur mon idée, prière de lire mon billet jusqu'à la fin.

Danseurs de salsa
Danseurs de salsa (photo : Lance Cpl. Brian Kester, sous Creative Commons)

En batifolant sur Facebook, je suis tombé sur cette excellente conférence de Jérôme Ducros au Collège de France intitulée « L’atonalisme. Et après ? ». Vous pouvez la voir ici.

Mis à part son argumentaire sur les limites du langage atonal de la seconde moitié du XXe siècle, un des points les plus intéressants de la conférence est l'ensemble des exemples musicaux (entres autres avec Schubert) qui illustrent comment l'intérêt d'une pièce découle du jeu des attentes que le compositeur crée chez l'auditeur, que ces attentes soient comblées ou déçues.

Je ne suis pas nécessairement d'accord pour dire que le langage atonal soit condamné à être impuissant à créer ce jeu d'attentes. Je crois quand même avoir réussi à garder un certain intérêt musical dans La Lame de l'horizon et Intercosmos. Mais on ne peut pas dire cela de toutes les pièces de notre époque.

Est-ce vraiment un problème de langage, ou plutôt un de conscience professionnelle ? Malheureusement, plusieurs compositeurs, jeunes et vieux, prétendent que le choix de langage (tonal, atonal ou autre !) justifie leur qualité musicale. C'est comme prétendre que le danseur de tango, quelque soit son niveau, sera toujours meilleur qu'un danseur de salsa !

Car la musique, finalement, n'est-elle pas une danse entre le compositeur (et ses interprètes) menant la danse et ses auditeurs qui l'accompagnent ?1 Les auditeurs peut bien préférer la valse au cha-cha, ce qu'ils veulent au fond, c'est une belle danse avec un bon danseur.

P.S. : Bruno Serrou sur son blog a fait un billet pour le moins virulent contre cette conférence, en y rajoutant une lettre non moins enflammée de Pascal Dusapin, compositeur omniprésent dans la capitale française. Des réactions exagérées auxquelles j'ai répondu dans les commentaires.

P.P.S. : Je vous suggère le livre Sweet Expectation de David Huron, qui explique plus profondément encore les mécanismes psychobiologiques possibles de nos attentes dans l'écoute de la musique. Vraiment intéressant !


1 J'ai enlevé « homme-compositeur(e) » et « femme-auditeur(e) » car contrairement à la salsa, dans le tango, c'est la femme qui mène la danse (donc c'est elle la « compositrice »).

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